Étude sur l’utilisation de protéines d’herbe (luzerne) dans l’alimentation des saumons atlantiques.
Des protéines d’herbe pour nourrir les saumons ?
Pour réduire sa dépendance au soja et trouver des alternatives locales et durables, la filière aquaculture explore de nouvelles pistes.
L’Université norvégienne des sciences de la vie (NMBU) et le fabricant Aller Aqua testent l’incorporation de protéines de luzerne dans les régimes des saumons d’élevage. Les premiers essais en laboratoire ont montré que la croissance des poissons n’était pas affectée, et que 5 % de protéines de luzerne amélioraient même certains indicateurs de bien-être. Les protéines d’herbe influencent également la couleur des filets. Ces résultats prometteurs ouvrent la voie à l’utilisation de luzerne comme alternative durable au soja, et les recherches vont se poursuivre avec des essais en cages marines.
Pour en savoir plus :
Le bien-être des poissons en aquaculture
Avec l’augmentation prévue de la production piscicole, le bien-être des poissons élevés dans des systèmes intensifs suscite des préoccupations éthiques croissantes et devrait alimenter le débat public et les discussions politiques. Les méthodes classiques d’évaluation du bien-être des poissons reposent sur des indicateurs physiques, physiologiques et comportementaux, offrant des informations sur la santé et le fonctionnement biologique, mais elles présentent des limites importantes.
Les approches basées sur l’affectivité, qui utilisent des indicateurs comportementaux pour mesurer l’état émotionnel, sont largement utilisées dans la science du bien-être animal mais restent peu explorées chez les poissons. Des avancées récentes, comme les paradigmes de biais de jugement, fournissent des outils fiables pour évaluer ces états affectifs.
En combinant mesures affectives et indicateurs de santé et de fonctionnement biologique, une approche multi-niveaux permet une évaluation complète et robuste du bien-être des poissons, sans se limiter à un seul type de preuve. L’apport principal de cette étude est la proposition d’un cadre fonctionnel qui priorise l’évaluation de l’état affectif tout en intégrant et en validant systématiquement d’autres mesures. Alignée sur les normes éthiques et scientifiques actuelles, cette approche contribue à améliorer la conceptualisation et l’opérationnalisation du bien-être des poissons.