Macroalgues : un potentiel encore sous-exploité en Europe
La consommation mondiale d’algues explose, mais l’Europe reste en retrait. Pourtant, ces super-aliments pourraient fournir des protéines durables à faible impact environnemental. Le marché européen reste à structurer, avec de vraies opportunités pour les acteurs prêts à innover.
Alors que le marché mondial des macroalgues connaît une forte croissance, l’Europe reste encore très en retrait par rapport à l’Asie, où ces algues font partie intégrante de l’alimentation quotidienne. Un article paru en janvier 2026 dans le Journal of Agriculture and Food Research analyse le potentiel des macroalgues en Europe comme source alternative de protéines, capable de répondre à une demande mondiale en pleine expansion.
L’étude identifie à la fois des atouts et des contraintes pour le développement de ce secteur. Parmi les avantages : une culture peu consommatrice de terres et d’eau douce. Parmi les obstacles : des coûts de production élevés et une filière européenne encore peu structurée.
Pour accompagner la croissance de ce marché, les auteurs formulent six recommandations clés :
- Uniformiser la réglementation à l’échelle européenne pour faciliter les échanges et la mise sur le marché.
- Informer et sensibiliser les consommateurs afin de réduire les freins liés à l’acceptation de nouvelles sources alimentaires.
- Renforcer la recherche et l’innovation pour améliorer les techniques de production et la valeur ajoutée des produits.
- Optimiser la chaîne d’approvisionnement afin de réduire les coûts et sécuriser les flux.
- Mettre en place des plateformes collaboratives réunissant autorités, industriels et chercheurs.
- Encourager des pratiques durables en lien avec la stratégie européenne d’économie bleue, pour une filière respectueuse des océans.
Pour ne rien manquer des recommandations stratégiques, consultez le rapport complet.
Développer la filière algues et conchyliculture : recommandations clés
Pour favoriser l’expansion durable des filières algues et conchyliculture en Europe, un rapport propose une série de mesures stratégiques visant à sécuriser les projets, optimiser l’espace maritime et renforcer la compétitivité du secteur.
Le rapport recommande de simplifier et d’harmoniser les cadres réglementaires, notamment par la création de guichets uniques nationaux, la clarification des responsabilités administratives et la réduction des délais d’autorisation. Ces mesures visent à sécuriser et accélérer le développement des projets d’élevage.
Il souligne également l’importance de mieux intégrer la conchyliculture et l’algoculture dans la planification de l’espace maritime. Cette approche permet de limiter les conflits avec d’autres usages, énergies renouvelables, transport, pêche ou tourisme et de garantir un accès stable aux zones les plus adaptées.
Le soutien financier constitue un autre levier majeur. Le rapport préconise une mobilisation accrue des fonds européens, la mise en place de mécanismes de partage des risques et un accompagnement spécifique pour les petites et moyennes entreprises, afin de stimuler l’investissement et l’innovation.
Enfin, le document insiste sur la nécessité d’investir dans la recherche, la formation et les technologies avancées, comme la sélection génétique, l’automatisation et les systèmes multi-trophiques intégrés (IMTA). Il recommande aussi de structurer et dynamiser les chaînes de valeur, en développant la transformation, la normalisation des produits à base d’algues, la sensibilisation des consommateurs et la création de débouchés à haute valeur ajoutée, pour assurer la compétitivité et la durabilité du secteur sur le long terme.
Pour connaître toutes les stratégies et bonnes pratiques, consultez l’étude complète.
Dans une logique d’anticipation et de soutien à vos démarches d’innovation, nous avons réalisé une synthèse des principaux topics identifiés dans les futurs appels à projets européens.
Ce document a été conçu pour vous permettre de prendre de l’avance dans votre réflexion, d’identifier les opportunités pertinentes pour votre structure et de préparer au mieux vos futurs dossiers.
Notre objectif : vous offrir une vision claire des thématiques émergentes, afin de faciliter votre positionnement, d’orienter votre stratégie de projet et d’optimiser vos chances de réussite lors du dépôt de vos candidatures.
Pour tout besoin d’échange ou d’appui, vous pouvez contacter notre chargée de mission Europe, qui se fera un plaisir de vous aiguiller.
Ce document a pour objectif de présenter un rapide panorama des généralités sur le sujet des algues, qui est un secteur en fort développement depuis quelques années. Les différentes thématiques abordées pourront faire l’objet de fiches spécifiques dans le futur
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Dans le cadre d’un projet dirigé par la fondation North Sea Farmers, une ferme de culture d’algues à échelle commerciale, la North Sea Farm 1, vient d’être installée en Mer du Nord. Cette ferme flottante est située au large des côtes néerlandaises, et plus précisément, elle occupe les espaces vides entre les éoliennes du parc éolien « Hollandse Kust Zuid ». Ce projet vise à démonter, entre autres, la faisabilité technique de la culture d’algues en mer entre des éoliennes offshore, et la possible co-utilisation des parcs éoliens. Ce projet rassemble un consortium de chercheurs et de partenaires de la filière algues, il est soutenu financièrement par Fonds Right Now Climate Amazon.
Depuis septembre 2024, une ferme de culture d’algues est en cours d’installation en Mer du Nord. Cette ferme flottante, dénommée North Sea Farm 1, constitue la première ferme d’algues au monde à échelle commerciale. Elle présente aussi la particularité d’être implantée dans les espaces vides entre les éoliennes du parc éolien « Hollandse Kust Zuid » (HKZ), situé à environ 18 kilomètres des côtes néerlandaises.
Jusqu’à présent, seuls des pilotes de recherches ont pratiqué la culture d’algues en Mer du Nord. La ferme North Sea Farm 1 va donc permettre de tester, d’améliorer la production d’algues à plus grande échelle, et d’observer son impact sur l’environnement. Les algues récoltées en mer feront ensuite l’objet d’une transformation à terre.
Cette installation s’inscrit dans un projet initié par la fondation North Sea Farmers (NSF), en collaboration avec Simply Blue Group (développeur en éolien flottant, Irlande), Van Oord (ingénierie marine, Pays-Bas), et Algaia (ingrédients biomarins, France), avec le soutien financier du Fonds Right Now Climate Amazon. Par ailleurs, des recherches menées en parallèle vont s’intéresser au potentiel des fermes d’algues pour capturer le CO2.
Outre la production d’algues à échelle commerciale, le projet de NSF a aussi pour objectifs :
- de démontrer la faisabilité technique de la culture d’algues entre des éoliennes offshore ;
- de démontrer que la filière européenne de la culture d’algues est capable de s’organiser et de mettre en place des chaînes d’approvisionnement ;
- de confirmer l’intérêt des marchés européens pour les produits à base d’algues ;
- de démontrer la possible co-utilisation des parcs éoliens offshore ;
- d’approfondir les recherches sur la lutte contre le changement climatique, avec notamment la capture des émissions de CO2.
A terme, la ferme s’étendra sur 5 hectares et devrait produire au moins 6 000 kg d’algues fraîches la première année. Les algues récoltées serviront, dans un premier temps, à fabriquer des échantillons d’emballages, de vêtements, d’ingrédients alimentaires, d’ingrédients pour les cosmétiques (texturant), d’ingrédients pour l’agriculture (biostimulant).
La région Hauts-de-France compte plus de 350 entreprises de pêche, aquaculture, mareyage-filetage, salaison, plats préparés, négoce de produits aquatiques ; et plus de 6 500 salariés directs auxquels il faut bien évidemment ajouter les emplois induits par ces activités. Par ailleurs, elle est la 2ème région piscicole française avec 10 000 tonnes de truites, bars et daurades ; 30 entreprises et 47 sites exploités.
Premier port de pêche français et première place de transformation européenne de produits aquatiques avec 280 000 tonnes de produits préparés, dont 30 437 tonnes en 2023 issus des navires de pêche des Hauts-de-France, Boulogne-sur-Mer, occupe une position stratégique au sein de la filière, au cœur de l’Eurorégion.
La plupart des produits importés sont des produits bruts ou peu transformés et la valeur ajoutée est réalisée sur la plateforme boulonnaise. Par ailleurs, grâce à sa puissance logistique, Boulogne-sur-Mer est également une place d’exportation vers les marchés porteurs d’Europe du Sud et, pour certains produits, d’Europe du Nord.
Au-delà des entreprises de la filière, composée à 95 % de TPE – PME et quelques Groupes (Auchan, Capitaine Houat, Comptoirs Océaniques, Findus, Mowi, Unima, …), soulignons la présence déterminante des organisations et fédérations professionnelles, qui regroupent et représentent plus de 90 % des acteurs du secteur régional des produits aquatiques (Organisations de Producteurs à la pêche FROM Nord et CME, Comité Régional des Pêches et des Elevages Marins – CRPMEM, Comité Régional de la Conchyliculture Normandie – Hauts-de-France, Syndicat des Pisciculteurs des Hauts-de-France, Syndicat Général des Mareyeurs, Syndicat National des Saleurs-Saurisseurs de Poissons, Syndicat de transformateurs – INNOCEA, …).
L’écosystème régional de la filière des produits aquatiques compte également :
- des instituts et centres de recherche (ANSES, CEA, IFREMER, Nausicaa),
- une Plate-forme d’Innovation Nouvelles Vagues disposant d’une station expérimentale aquacole et d’un laboratoire d’analyses,
- des universités (Universités du Littoral Côte d’Opale, de Lille, Artois),
- des écoles et centres de formation (Junia, Centre de Formation aux Produits de la Mer et de la Terre – formation aux métiers de la transformation des produits aquatiques),
- des lycées professionnels (Lycée Professionnel Maritime Le Portel, Lycée aquacole de Coulogne),
- un Campus des Métiers et Qualifications (CMQ) Approvisionnement, valorisation et commercialisation des produits aquatiques (AVCPA),
- un incubateur Blue Living Lab porté par Nausicaa,
- une pépinière dédiée, Haliocap, portée par la Communauté d’Agglomération du Boulonnais (CAB),
- un programme d’accélération, AQUARIZE, lancé en octobre 2024, porté par AQUIMER en partenariat avec la CAB, l’agence de développement économique Boulogne Développement Côte d’Opale, la CCI Littoral Hauts-de-France et Nausicaa,
- un Pôle de Compétitivité, AQUIMER, spécialisé dans la valorisation des produits aquatiques, qui accompagne les entreprises de la filière dans leurs démarches d’innovation et de développement.
Ce dossier thématique vous présente l’intelligence artificielle. Vous trouverez également le replay du webinaire organisé sur le sujet le 10 septembre 2024.
Dossier thématique intelligence artificielle
Ce dossier thématique disponible au téléchargement ci-dessous vous présente l’intelligence artificielle. Vous y trouverez une approche générale mais également un aspect plus technique sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans notre filière (secteurs de la pêche, de l’aquaculture, de l’algoculture et de la transformation).
Replay du webinaire sur l’intelligence artificielle
Thierry Perrier, chargé de mission au Pôle AQUIMER, a animé ce webinaire avec la participation de quatre intervenants pour présenter comment l’Intelligence Artificielle est intégrée dans la filière des produits aquatiques.
Nous avons eu les interventions de :
- Thibaud JACQUEL de NWX qui a réalisé une introduction générale de l’IA
- Luis DIAZ de PONTOS AI qui a montré l’application de l’IA dans la pêche
- Kilian DELORME de KAMAHU qui a mis en avant l’application de l’IA dans la filière aquacole
- Emeline LACHAUD de CEA qui a présenté l’intégration de l’IA dans la transformation
Retrouvez les présentations et le replay ci-dessous :
France AgriMer a mis en ligne 2 documents de synthèses concernant son étude sur l’évaluation et suivi de la contribution sociale et économique de la filière des macroalgues. Retrouvez-les ici
L’ étude finale n’est pas encore publiée, mais retrouvez la prochainement
Au sommaire de cette étude:
- l’étude des différentes filières françaises
- l’analyse des modes de consommation et de distribution
- la comparaison de marchés avec d’autres pays producteurs
- l’évolution des modes de consommation pour cibler la communication vers les consommateurs
Deux documents de synthèse sont disponibles à ce jour:
- Synthèse par partie
- Synthèse globale
Vous pouvez les consulter ci-dessous.
Le catalogue des nouveaux aliments de l’UE a été complété par un bon nombre de nouvelles espèces d’algues, grâce aux efforts de la Commission européenne (CCR, SANTE, MARE) et des autorités sanitaires des États membres de l’UE.
Jusqu’à présent, très peu d’espèces étaient autorisées en tant qu’aliments ou compléments alimentaires « non-novel » dans l’UE. La mise sur le marché européen de toute nouvelle algue en tant qu’aliment ou complément alimentaire implique une procédure longue et coûteuse. À plusieurs reprises, les représentants de l’industrie ont reconnu qu’il s’agissait là d’un obstacle majeur qui ralentissait le développement du secteur des algues dans l’UE.
Toutefois, s’il existe des preuves que des espèces d’algues ont été utilisées comme aliments traditionnels dans un État membre de l’UE avant le 15 mai 1997, leur utilisation dans des compléments alimentaires n’est pas considérée comme nouvelle et n’est pas soumise à une autorisation préalable à la mise sur le marché (conformément au règlement sur les nouveaux aliments (UE) 2015/2283). Le Centre commun de recherche de la Commission européenne a compilé en 2021 ces espèces et la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire a lancé une procédure de validation avec les autorités sanitaires des États membres de l’UE, qui est à présent achevée.
Sur la base des connaissances disponibles dans ce rapport, DG SANTE a lancé une procédure de validation avec les autorités sanitaires des États membres de l’UE, qui a abouti à une extension substantielle de la liste des espèces d’algues autorisées en tant qu’aliments ou compléments alimentaires dans l’UE. Plus de 20 nouvelles espèces ont été ajoutées au catalogue des nouveaux aliments.
Source : EU (maritime forum)
La start-up australienne Kelpy a travaillé sur la transformation des algues en granulés de bioplastique. Grâce à la technologie qu’elle a mise au point (brevet en cours), il lui serait possible de transformer presque tous les types algues, y compris celles qui envahissent les régions côtières comme les algues brunes sargasses.
Kelpy a conçu ses granulés pour qu’ils puissent être utilisés dans des équipements de moulage par injection standards sans nécessiter de modification. Ces granulés peuvent ainsi servir à créer des plastiques souples et malléables (pour des sachets, des emballages par exemple) mais aussi des plastiques rigides (pour des bouteilles, des récipients alimentaires…). A ce jour, Kelpy a entamé plusieurs projets pilotes avec des multinationales.
Basée à Jervis Bay, en Australie, la start-up Kelpy a développé une technologie permettant de fabriquer des granulés de bioplastique à partir d’algues. Les détails de cette nouvelle technique ne sont pas encore connus car une procédure de dépôt de brevet est en cours, mais la dirigeante et fondatrice de la start-up, Fionnuala Quin, a néanmoins livré quelques informations sur cette technologie.
La nouveauté principale du procédé résiderait dans la conception des granulés. En effet, si la production de granulés de bioplastique à partir d’algues est déjà connue, les granulés fabriqués par Kelpy seraient, eux, compatibles avec des équipements standards de moulage de pièces en plastiques. En pratique, les industriels n’auraient donc pas à modifier leurs installations pour les utiliser, et pourraient remplacer facilement les granulés classiques par ces granulés 100% végétaux. Par ailleurs, il serait possible de concevoir des granulés avec une durée de vie définie, en vue de fabriquer des plastiques compostables après quelques mois. Selon F. Quin, le bioplastique fabriqué aurait aussi des performances supérieures à celles de tous les bioplastiques à base d’algues actuels.
Une autre caractéristique de la technologie concernerait les algues utilisées. Le procédé de Kelpy permettrait de transformer presque tous les types d’algues, qu’il s’agisse d’algues issues de l’algoculture ou d’algues collectées en milieu naturel. La start-up insiste d’ailleurs sur la capacité de son procédé à traiter les algues sargasses, ces algues brunes qui prolifèrent notamment dans les Caraïbes et impactent fortement l’économie et le tourisme. De même, la flexibilité de cette nouvelle technologie à pouvoir utiliser plusieurs variétés d’algues permettrait un approvisionnement en matières premières plus facile, voire moins coûteux.
Les granulés ainsi obtenus pourraient servir à fabriquer des plastiques souples et malléables (pour des sachets, des emballages par exemple), ou des plastiques rigides (pour des bouteilles, des récipients alimentaires, et même des lunettes de soleil…).
A ce jour, Kelpy a noué un partenariat avec la start-up caribéenne SOS Carbon pour collecter et transformer les algues sargasses en bioplastique. Le potentiel de la technologie intéresse aussi plusieurs entreprises, dont Colgate Palmolive et Unilever, pour des projets pilotes. Kelpy recherche également des financements pour développer ses activités et répondre à la demande des industriels en matière de matériaux durables.
Sources
Contributeur
CCI de Région Hauts-de-France